Un rapport préconise des mises en garde sur les bouteilles d'alcool.

A.F.P. - 6 juin 2006.

Un rapport commandé par la Commission Européenne préconise de mettre en garde contre les dangers de l'alcool pour la santé sur les bouteilles commercialisées dans l'U.E, à l'image des avertissements sur les paquets de cigarettes. Même si "les preuves de l'efficacité de ces avertissements sur les produits alcoolisés sont limitées (...), les consommateurs européens peuvent bénéficier d'une information juste", estiment dans leur rapport les chercheurs d'un institut londonien spécialisé dans les effets de l'alcool (Institute of Alcohol Studies).

Selon eux, les emballages devraient par exemple décrire les effets négatifs de l'alcool sur les conducteurs, les personnes qui manipulent des machines ou encore les femmes enceintes. Ils ne devraient en outre pas contenir des messages publicitaires spécifiquement adressés aux adolescents. Ce rapport doit contribuer à la stratégie européenne de lutte contre les effets indésirables de l'alcool que Bruxelles compte présenter cet été.

Il propse d'autres pistes, comme l'instauration d'un taux maximal d'alcoolémie pour les conducteurs (0.5g/l de sang) dans toute l'U.E., qui n'empêcherait pas chaque pays membre de garder des taux plus bas.

Pour le porte-parole du commissaire européen à la Santé Markos Kyprianou, il est cependant trop tôt pour spéculer sur les pistes que l'executif européen retiendra réellement au bout du compte. Pour les auteurs du rapport, il est important de mettre en place une "stratégie" communautaire pour s'attaquer aux effets néfastes de l'alcool sur la santé mais aussi l'économie.

L'U.E. joue un rôle pivot dans la consommation mondiale d'alcool, représentant 70 % des exportations et un peu moins des importations, rappellent les chercheurs. Et les accises prélevées sur les produits alcoolisés s'élevaient à 25 milliards d'euros en 2001 dans les 15 anciens membres.

Mais l'alcool a aussi un coût social : les maladies liées à l'alcool, les violences et la baisse de la productivité (absentéisme, chômage...) qu'il provoque ont coûté 125 milliards en 2003 aux Européens.