INSERM
Extrait :
Education pour la santé des jeunes : Démarches et méthodes.
Synthèse et recommandations,
Expertise Collective,
Paris, INSERM, Mai 2001, pp.25-26.
Prévention des risques liés à l’alcoolisation
La prévention de l’alcoolisation est plus complexe que la prévention du tabagisme parce que la consommation excessive d’alcool peut avoir, même de façon occasionnelle, des effets sociaux, médicaux et personnels néfastes et parce que l’alcool est un produit plus consommé et plus valorisé que le tabac. C’est un produit plus redouté en raison des accidents et de la violence dont il peut être la cause. Des facteurs individuels de sensibilité aux effets de l’alcool interviennent comme le sexe, la corpulence du sujet, les polymorphismes génétiques.
Plusieurs schémas d’alcoolisation sont proposés : celui des adolescents " normalement socialisés " et celui des adolescents " à problèmes " où une implication plus rapide vers l’alcoolisation excessive est observée. Les facteurs intrapsychiques ont souvent été sous-estimés pour expliquer le début de l’alcoolisation. Ces facteurs sont associés à une diminution des compétences en particulier des compétences scolaires ? Ainsi, les troubles scolaires précoces et les faibles attentes scolaires des parents et du sujet représentent des indicateurs de risque importants.
Les actions de prévention concernent plutôt la prévention des risques que la consommation elle-même. Elles visent à limiter les risques liés à l’ivresse (accidents de la route, conduites sexuelles), à promouvoir une consommation raisonnable et à réduire l’alcoolisation juvénile. Des actions qui s’intéressent à prévenir l’initiation à la consommation d’alcool ont été orientées vers le " renforcement des compétences sociales générales " mais la famille a rarement été impliquée. La consommation modérée étant considérée comme un critère d’intégration sociale, peu d’actions portent sur la prévention de toute consommation d’alcool.
La majorité des actions qui ont lieu auprès des jeunes de 10 à 18 ans à l’école sont trop tardives, selon les autres, car elles arrivent lorsque les jeunes sont déjà initiés à l’alcool. Mais les interventions de l’école ne donne pas suffisamment de garantie de confidentialité. La télévision et les médias peuvent être considérés comme un canal d’information performant en ce qu’ils permettent de modifier les normes sociales.
Parmi les acteurs de prévention, les infirmières scolaires sont reconnues comme des vecteurs positifs d’actions de prévention individuelle de consommation excessive. La famille doit être réellement impliquée et informée sur l’apprentissage du " bon boire " à la maison. L’amélioration des relations intrafamiliales reste un des moyens privilégiés de prévention. L’acceptation par les adultes que les jeunes sont matures et responsables et qu’on peut donc discuter avec eux est un point essentiel dans la réussite des actions. Les filles et les garçons ayant des modes et des motifs différents de consommer de l’alcool, les actions devraient prendre en compte ces attentes spécifiques pour modifier la consommation. Les actions menées auprès des groupes à "haut risque" s’avèrent plus efficaces que celles menées auprès de publics hétérogènes. Les jeunes préfèrent les interventions brèves et procédant "par étapes". Les programmes qui incluent un traitement individuel n’ont pas beaucoup de succès, il faut les proposer ultérieurement, quand les adolescents ont pris conscience de leur problème avec l’alcool.
Parmi les actions orientées vers la prévention des risques d’accidents liés à l’alcoolisation excessive, la formation des professionnels de nuit à l’identification des signes précoces d’ivresse semble actuellement la plus porteuse d’espoir. Des mesures concrètes, comme l’alcoolémie " zéro" pour les jeunes, l’augmentation du prix de l’alcool dans les bars ou l’organisation de l’accompagnement en fin de soirée donnent de bons résultats.

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